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Les transports urbains à travers les âges

Les origines  

Les Carrosses publics. Blaise Pascal « invente » les transports en commun urbains en 1662, en instaurant une entreprise de carrosses publics à Paris qui présente déjà toutes les caractéristiques du transport en commun urbain moderne : itinéraires, horaires et fréquences fixes, tarifs modiques...
En instaurant des privilèges, le Parlement de Paris prive ce service d’une part importante de sa clientèle et le rend impopulaire. Il disparaît en 1677. 

L’omnibus. Il faut attendre un siècle et demi avant que ne réapparaissent pour de bon les transports en commun urbains, avec l’invention à Nantes, en 1825 par Stanislas Baudry, de la première navette avec une voiture à cheval : l’ omnibus. 

Les tramways à chevaux. Afin d’économiser l’énergie, d’améliorer le rendement et la vitesse et de donner plus de confort aux passagers, les tramways à chevaux se développent peu à peu. Le principe consiste à mettre sur rails les omnibus. Mis en service d’abord aux Etats-Unis au début des années 1830, ces tramways prennent en Europe le nom de « chemins de fer américains ». Dès 1880, ils gagnent la plupart des grandes villes françaises.

Les bateaux-omnibus. Les villes traversées par des voies navigables développent le transport fluvial et tentent de l’adapter aux déplacements urbains. La première ligne de bateaux-omnibus est exploitée à Lyon dès 1862. 

Les tramways mécaniques

Pour concurrencer ces modes de transport onéreux, les exploitants vont expérimenter la traction mécanique. Le système recherché doit :  

  • fournir un travail plus économique
  • ne présenter aucun danger pour les voyageurs
  • ne produire ni fumée, ni bruit
  • posséder assez d'adhérence pour monter une rampe par tous temps
  • avoir des freins puissants
  • être facile à manoeuvrer

À partir de 1875, plusieurs systèmes de mécanisation se développent, sans que la traction animale ne disparaisse pour autant.

Tramways à air comprimé. Le système original à air comprimé est conçu en 1838 par Andrau et Tessier de Motay. Il est repris, mis au point et testé à Paris dès 1840 par l’ingénieur Mékarski. Paris expérimente le tramway à air comprimé entre 1876 et 1879, bientôt suivi par Nantes qui crée un réseau complet équipé de tramways à air comprimé et le conservera jusqu’en 1917. Au cours des années 1890, d'autres villes françaises, opposées aux polluants tramways à vapeur, en construiront.  

Tramways à vapeur. Les tramways à vapeur ont pour la majorité d’entre-eux circulé des années 1870 à la Première Guerre mondiale.  
 
Tramways électriques. La traction électrique est apparue en 1879 à Berlin (Allemagne) et en 1881 à Paris, lors de l’exposition de l’électricité où un tramway Siemens est présenté en démonstration.
La traction électrique, sans bruit ni fumée, est très vite appelée à remplacer en ville les autres modes de traction des tramways. Le tramway électrique connaît ses heures de gloire des années 1890 jusqu’aux années 1930.
Endommagé par les deux guerres mondiales, vieilli, défectueux, inconfortable, d’un tarif élevé au regard du service rendu, le tramway perd progressivement de son attrait, d’autant que se développent la circulation automobile et les lignes d’autobus. Dès 1932, la décision est prise de supprimer les tramways à Paris et dans les villes de province. Elle sera effective à Paris en 1937 et en province entre 1938 et 1960. Seules trois villes, Lille, Marseille et Saint-Etienne conservent quelques lignes.

Les autobus  

De l’omnibus à l’autobus. Le terme "autobus" n'a pas été employé tout de suite pour désigner ce nouveau venu qu'est, au début du XXe siècle, cet omnibus se déplaçant sans chevaux. On l'appelle tout simplement "omnibus automobile".
La France n'est pas pionnière en la matière puisque des omnibus automobiles circulent à Berlin dès 1895, et à Londres en 1900. En France, ils n’apparaissent qu’en 1905, et seulement à Paris.
Le modèle le plus souvent utilisé est alors un omnibus automobile à moteur à essence et transmission mécanique. Il connaît un grand succès, car il va plus vite que l'omnibus à chevaux : 20km/h au lieu de 9km/h.
C’est le début des heures de gloire de l’autobus, qui détrône progressivement le tramway, un peu partout en France, notamment parce qu’il ne nécessite pas la mise en place d'une infrastructure onéreuse.

Le tout-automobile

Mais comme tous les autres modes de transport en commun, l’autobus va subir de plein fouet la politique du tout-automobile. Nous sommes dans les années 1960-1970. Les autobus sont englués dans les encombrements routiers, retardés, désorganisés. De ce fait, ils sont dévalorisés aux yeux de l'opinion qui les considère comme réservés à une clientèle captive. La pauvreté des moyens accordés aux transports publics oblige les exploitants à rechercher gains de productivité et économies. Le service se dégrade, tout comme l'image de ce mode de transport, de moins en moins attractif.

Le renouveau des transports urbains

Avec le choc pétrolier de 1973, les choses changent, et la priorité aux transports en commun est affirmée. Les couloirs réservés aux autobus se multiplient, la vitesse commerciale et la régularité progressent fortement. On note une nette remontée du trafic des autobus.
Cependant, pour répondre au besoin croissant de mobilité, il faut un mode de transport qui allie vitesse, priorité, régularité, sécurité, confort, capacité, accessibilité : qualités que seul le tramway peut proposer.
En France, les villes de Nantes et de Grenoble sont précurseurs en matière de tramway moderne. De nouvelles lignes y sont mises en service respectivement en 1985 et 1987.

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